LE CANCER DU COL DE L’UTERUS

LE CANCER DE L’ENDOMÈTRE

Dr Fabrice Narducci

DR FABRICE NARDUCCI

Chirurgien, coordinateur du comité gynéco

1. QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE DE CE TYPE DE CANCER ?

Les principaux facteurs de risque du cancer de l’endomètre sont le surpoids/l’obésité, le diabète et un traitement par tamoxifène (un médicament d’hormonothérapie utilisé dans le traitement de certaines formes de cancer du sein, les formes dites hormonodépendantes, en particulier chez les femmes non ménopausées). Dans de rares cas, le cancer de l’endomètre est lié à une maladie
génétique : le syndrome de Lynch. Il s’agit d’une maladie héréditaire rare qui augmente le risque de développer certains cancers, en particulier le cancer colorectal et le cancer de l’endomètre. En raison du risque élevé de développer un cancer de l’endomètre, une surveillance est recommandée dès l’âge de 30 ans pour les femmes atteintes du syndrome. À l’inverse, il est avéré que l’activité physique réduit le risque de cancer de l’endomètre.

2. COMMENT PEUT-ON DIAGNOSTIQUER CE TYPE DE CANCER ?

Tout saignement gynécologique après la ménopause, même très minime, doit conduire à une consultation chez un gynécologue pour effectuer un examen, une biopsie d’endomètre, geste presque indolore mené par les voies naturelles. Le bilan comportera dès que possible une IRM lombo-pelvienne (ou au moins une échographie, si cet examen est impossible). Ce diagnostic aisé, réalisé tôt, dans l’évolution de la maladie, explique le bon pronostic général de cette pathologie.

3. QUELS SONT LES TRAITEMENTS PROPOSÉS PAR LE CENTRE OSCAR LAMBRET

La prise en charge du cancer de l’endomètre repose sur les trois principaux traitements du cancer : la chirurgie, la radiothérapie, la curithérapie et les traitements systémiques (chimiothérapie, hormonothérapie) ; et est choisie lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire. Le traitement de référence repose sur l’ablation de l’utérus, des ovaires et si possible, de tous les autres foyers cancéreux extra-utérins. On pourra également enlever à titre préventif les autres organes et tissus dans lesquels des métastases se forment fréquemment. La chirurgie peut être complétée par une radiothérapie qui réduit le risque de récidive.

LE CANCER DES OVAIRES

Dr Eric Leblanc

DR ÉRIC LEBLANC

Chirurgien, chef de pôle de chirurgie

1. QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE DE CE TYPE DE CANCER ?

Dans les formes communes, le risque général pour toute femme de développer un cancer de l’ovaire est de 1,4% sur toute une vie. Mais il monte à 40% en cas de mutation sur le gène BRCA1 et 20% sur le gène BRCA2. Il est de 10% chez les femmes atteintes du syndrome de Lynch. Il n’y a pas de signes spécifiques de cette maladie qui survient, pour les formes communes, généralement vers 65 ans (sauf chez femmes mutées où il est plus précoce). Tout symptôme abdominal (douleur, gonflement rapide) ou pelvien (perception d’une masse, troubles urinaires ou digestifs) doit conduire à consulter son professionnel de santé. 
On sait qu’une longue vie d’ovulations(règles précoces, ménopause tardive, pas ou peu de grossesse, pas de contraception hormonale) expose à cette pathologie. A l’inverse, une contraception hormonale ou la ligature de trompe réduisent ce risque. 

2. L’oncogénétique est au cœur de la recherche au Centre, En quoi est-ce essentiel pour ce type de cancer ?

Nous avons constitué une base de données comportant plus de 8 500 familles en Hauts-de-France chez lesquelles nous avons recherché des mutations génétiques. Ce travail de collecte de données est essentiel pour nous : nous pouvons agir sur l’amélioration des programmes de dépistage existants et mettre en place des programmes spécifiques de recherche clinique pour les femmes à risque. Nous pouvons conseiller aux femmes ayant un risque génétique de contracter un cancer de l’ovaire une ablation préventive des ovaires. Des études ont confirmé que pour une femme ayant hérité de mutations génétiques BRCA1 ou BRCA2 ou du syndrome de Lynch, cette chirurgie prophylactique réduit considérablement le risque de développer un cancer de l’ovaire.

3. QUELS SONT LES TRAITEMENTS PROPOSÉS PAR LE CENTRE OSCAR LAMBRET

Le traitement repose sur une chirurgie (essentielle car c’est le résidu en fin d’intervention qui conditionne le pronostic) et une chimiothérapie. Toutefois, en fonction de l’étendue de la maladie, l’ordre de réalisation de ces traitements peut varier. Cette décision est discutée, comme pour tout cancer gynécologique, en réunion pluridisciplinaire associant chirurgien, radiothérapeute, chimiothérapeute, radiologue et pathologiste.

LE CANCER DU SEIN

Dr Marie Pierre Chauvet

DR MARIE-PIERRE CHAUVET

Chirurgien, coordinatrice du comité sein

1. QUELS SONT LES FACTEURS DE RISQUE DE CE TYPE DE CANCER ?

Le cancer du sein est une maladie multifactorielle : plusieurs facteurs influent sur le risque de sa survenue. On peut donc en distinguer trois : l’âge (près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans), nos modes de vie tels que la consommation d’alcool et de tabac, un surpoids ou encore pas ou peu d’activité physique ; et certains antécédents médicaux personnels et familiaux.

2. QUE PROPOSE LE CENTRE OSCAR LAMBRET AUX FEMMES PRÉSENTANT UN CANCER DU SEIN OU UN RISQUE ?

La prise en charge de nos patientes est pluridisciplinaire et personnalisée : chaque femme reçoit un traitement adapté à ses caractéristiques, à celles de sa maladie et aussi à ses propres attentes. En termes de prévention, 700 nouvelles familles des Hauts-de-France bénéficient  chaque année d’analyses génétiques au Centre. Nous proposons des programmes personnalisés de dépistage, de surveillance et de prévention à tout(e) patient(e) porteur(se) d’une anomalie génétique ainsi qu’à toute personne s’interrogeant sur son risque personnel, sur le caractère potentiellement héréditaire de son cancer du sein et/ou sur le risque de cancer du sein de ses proches. Enfin, nos patientes peuvent bénéficier d’une reconstruction mammaire, sans reste à charge.

3. LE CENTRE PROPOSE LE PARCOURS ROSE, UNE ORGANISATION PLEINEMENT INTÉGRÉE AU CENTRE DE SANTÉ DU SEIN. POUVEZ-VOUS NOUS EN DIRE PLUS ?

Au Centre Oscar Lambret, l’ensemble du processus d’accueil et de prise en charge initiale des patientes porteuses d’une suspicion de tumeur du sein ou d’une tumeur avérée a été repensé en vue d’améliorer la qualité de soins. Le Parcours Rose permet aux patientes de rencontrer, dans la même journée, un chirurgien et un radiologue pour valider l’ensemble des données cliniques et radiologiques. En cas d’intervention chirurgicale prévue, elles peuvent bénéficier immédiatement de consultations avec un anesthésiste et une infirmière de l’unité de chirurgie ambulatoire. En limitant les déplacements, une telle organisation des consultations garantit une prise en charge initiale globale de qualité et améliore le vécu et le confort de nos patientes.